TEMPLE

17. Peintures murales des voyages de Genjo

Une autre caractéristique du complexe est une série de peintures murales d’Ikuo Hirayama (1930-2009), célèbre artiste ayant travaillé dans la tradition Nihonga de la peinture japonaise. Hirayama est surtout connu pour un vaste corpus d’œuvres illustrant des scènes de la Route de la soie, basées sur des croquis réalisés au cours de plus de 150 pèlerinages qu’il a effectués le long de cette route commerciale historique afin de retracer les pas du moine chinois connu au Japon sous le nom de « Genjo Sanzo ».

Son œuvre de 50 mètres de long au Yakushi-ji s’intitule « Peinture murale du Rapport du voyage en Occident à l’époque des Grands Tang (La grande aventure du “Tripitaka” de Xuanzang) », « Xuanzang » étant le nom chinois de « Genjo » et « Tripitaka » (« Sanzo » en japonais) le terme traditionnel désignant les écritures bouddhiques. L’œuvre, commencée en 1980, se compose de sept scènes commémorant les voyages de Genjo, que le moine a lui-même documentés et qui sont consignés dans le récit classique intitulé « Rapport du voyage en Occident à l’époque des Grands Tang ».

La première scène représentée est la Grande pagode de l’oie sauvage à Xi’an (anciennement Chang’an), où Genjo a commencé et terminé son périple de 17 ans. Cette pagode est également importante dans la mesure où elle a été construite pour conserver les effigies du Bouddha et les écritures que Genjo a rapportées d’Inde. La scène suivante montre la frontière chinoise, où Genjo a quitté son pays natal ; la troisième représente le désert de Gobi, qu’il a traversé en se rendant à Tourfan, un important centre d’échanges le long de la Route de la soie.

Bien que le roi de Tourfan lui ait fourni des guides et des chevaux, Genjo s’est vite retrouvé à voyager de nouveau seul lorsqu’il a entamé l’ascension du col de Bedel, à 4 284 mètres d’altitude, dans la chaîne de montagnes de Tian Shan, qui fait l’objet des trois panneaux suivants. La cinquième scène montre les sculptures du Bouddha à même la paroi rocheuse à Bâmiyân, en Afghanistan, que Genjo a visitées, tandis que la sixième dépeint le coucher de soleil sur le plateau du Deccan, en Inde. La scène finale illustre Nâlandâ, le célèbre monastère et université bouddhiste de l’ancien royaume indien de Magadha. Genjo y a étudié pendant deux ans, apprenant les enseignements de l’école Yogacara (Hosso en japonais). Les peintures ne sont exposées au public qu’à des occasions spéciales.