Cet ensemble de bâtiments, construit récemment en 1991, est dédié à Genjo (également connu sous le nom de Genjo Sanzo) (602-664), le moine chinois Xuanzang, premier à avoir introduit les enseignements de l’école Hosso en Chine ; le Yakushi-ji est le temple principal de cette école au Japon.
Dans sa jeunesse, les voyages de Genjo à travers la Chine lui firent prendre conscience des insuffisances et des divergences présentes dans les textes bouddhiques de son pays natal. Alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années, il brava un édit interdisant les voyages à l’étranger et se rendit à pied de Chang’an (l’actuelle Xi’an) jusqu’en Inde, à la recherche de textes sacrés bouddhiques. Malgré de grandes difficultés, notamment des attaques de bandits, il jura de ne jamais retourner en Chine avant que sa mission ne soit accomplie. Pendant de nombreuses années, il voyagea vers l’Inde puis la sillonna, visitant des sites et des vestiges bouddhiques, se recueillant devant des reliques, et rassemblant des textes, en particulier ceux liés à l’école Yogacara, connue au Japon sous le nom de Yuishiki, ou Hosso. Ayant parcouru un total de 30 000 kilomètres (soit les trois quarts de la circonférence de la Terre), il retourna en Chine quelque 19 ans après le début de son périple, rapportant avec lui des centaines d’écritures bouddhiques. En 645, avec l’aide d’étudiants et de collaborateurs de toute l’Asie de l’Est ainsi que le soutien de l’empereur Tang, il fonda un bureau de traduction et consacra les 19 années suivantes à traduire ces textes en chinois. On lui doit la traduction de 1 335 rouleaux, parmi lesquels le Soutra du Cœur, un texte particulièrement vénéré dans l’ensemble du bouddhisme d’Asie de l’Est.
Après son pèlerinage, le principal objectif de Genjo fut de diffuser les doctrines de l’école Yogacara en Chine, une tâche qu’il confia à l’un de ses disciples, connu au Japon sous le nom de Jion Daishi. Par l’intermédiaire de Jion (en chinois Kuiji), l’école Hosso chinoise vit le jour, bien que ce soit finalement un moine japonais nommé Dosho, qui avait étudié sous la tutelle de Genjo après un voyage en Chine en 653, qui ait introduit l’école à Nara.