Le grand piédestal rectangulaire sur lequel siège le Bouddha de la médecine est orné de gravures offrant un aperçu fascinant du Japon du VIIe siècle et des échanges mondiaux dont il bénéficiait grâce à la Route de la soie (l’ancien réseau de routes commerciales reliant l’Orient et l’Occident). Le piédestal est composé de six couches de différentes tailles, deux en haut et quatre en bas, entre lesquelles s’intercale un caisson rectangulaire. Les bords de la couche supérieure sont décorés de motifs de lianes en relief, semblables aux décors grecs, tandis que celle située en dessous et les faces verticales du caisson présentent des gravures de fleurs de lotus dans un style vaguement persan. Sur chaque face du caisson se trouvent des représentations de bansin (« barbares », ou plus poliment, personnes de contrées lointaines). Certains y ont vu une influence hindoue. Plus bas, au centre de la couche suivante, apparaissent les « Quatre Symboles » ou « Quatre animaux de bon augure » de la mythologie chinoise, un sur chaque face du piédestal. Chaque créature est associée non seulement à une direction cardinale, une saison et une couleur, mais aussi à une vertu particulière et aux cinq éléments chinois que sont le bois, le feu, le métal, l’eau et la terre. Dans le sens inverse des aiguilles d’une montre à partir de la face est du piédestal, ces créatures mythiques sont : le Dragon d’azur, l’Oiseau vermillon, le Tigre blanc et la Tortue noire (qui se trouve sur la face avant dans ce cas précis). Le piédestal reflète ainsi le cosmopolitisme de l’époque et constitue l’une des raisons pour lesquelles Nara était connue comme le terminus le plus à l’est de la Route de la soie.